(1) L'étendue du territoire seroit d'environ 130 millions d'arpens de terres de différentes qualités; le fonds de richesses d'exploitation nécessaires pour tenir ce territoire en bonne valeur, seroit d'environ douze milliards, & la population d'environ trente millions de personnes qui pourroient subsister avec aisance, conformément à leur état, du produit annuel de cinq milliards.
Mais il ne faut pas oublier que par-tout où la population jouit d'une vie paisible, elle s'accroît ordinairement au-delà du produit du territoire, aussi la force d'un Royaume & le produit de son territoire, sont toujours assurés quand ils sont établis sur un fonds de richesses d'exploitation suffisant pour l'entretien d'une riche culture. La conservation de ce fonds de richesse d'exploitation doit être le principal objet du Gouvernement économique; car les revenus du Souverain et de la Nation en dépendent entièrement, ainsi qu'il va être démontré par l'analyse des dépenses payées & entretenues par la réproduction annuelle.

(2) Les avances annuelles consistent dans les dépenses qui se font annuellement pour le travail de la culture, ces avances doivent être distinguées des avances primitives, qui forment le fond de l'établissement de la culture, & qui valent environ cinq fois plus que les avances annuelles.

(3) L'intérêt du cultivateur est le premier ressort de toutes les opérations économiques & de tous les succès de l'agriculture : plus les productions sont constamment à haut prix, plus le retour annuel des reprises des fermiers est assuré, plus la culture s'accroît, & plus les terres rapportent de revenu, tant par le bon prix des productions, que par l'augmentation de la réproduction annuelle : plus la réproduction s'accroît, plus les richesses de la Nation se multiplient, et plus la puissance de l'État augmente.