Claude-Jacques Herbert
et l'Essai sur la Police générale des grains


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par Loïc Charles ,
Centre d'Histoire de la Pensée Economique,
Université de Paris I Panthéon-Sorbonne

janvier 1998


 

Claude-Jacques Herbert reste un inconnu. Edgar Depitre, dans la préface à l'édition de 1910 de l'Essai sur la Police générale des grains, indiquait que nous ne savions "que fort peu de choses" à son sujet. Cela demeure vrai, aujourd'hui encore. Il naît à Paris en 1700. A sa mort, il possèdait la charge de la ferme des Carosses de Bordeaux qui sera conservée par sa femme (elle la possède encore en 1775). Ruiné par la faillite de son gendre, il se suicide le 10 février 1758, à Paris où il demeurait rue Saint-André-des-Arts. L'Observateur Littéraire nous apprend, dans une lettre datée du 14 juillet 1758, qu'il possédait une bibliothèque de 12000 ouvrages, mise en vente après sa mort. A part l'Essai sur la Police générale des grains, il est l'auteur d'un Discours sur les vignes (Dijon et Paris, 1756, in 12°).

Références :
Dictionnaire de biographie française, éditeurs Prévost/Roman d'Aurat/Tribout de Morembert, Tome 17, Paris, 1989.

Essai sur la Police générale des grains, avec introduction et table analytique par Edgar Depitre, Collection des économistes et réformateurs sociaux de la France, Librairie Paul Geuthner, Paris, 1910.

L'Observateur Littéraire, par M. L'abbé de la Porte, Tome 1, Amsterdam, 1758.

Lettres d'André Morellet, publiées et annotées par Dorothy Medlin, Jean-Claude David et Paul Leclerc, tome I, The Voltaire Foundation, Oxford, 1991.

Politique et Economie au Temps des Lumières, édité par Gérard Klotz, coll. Lire le 18e siècle, Publications de l'Université de Saint-Etienne, Saint-Etienne, 1995.

 

Note sur l'édition Internet du CHPE :

Le texte reproduit ici est celui de la première édition, parue en septembre 1753. Il conserve l'orthographe originale ainsi que la ponctuation qui, comme s'en apercevra le lecteur, reste fluctuante, voire désordonnée, notamment dans l'utilisation des accents. Mais surtout, le texte de 1753 est très différent de celui de l'édition de 1755 - la seule citée par les commentateurs - qui a servi de support à l'édition de 1910. Bien que les variantes soient nombreuses et souvent importantes, une proportion comprise entre la moitié et les deux-tiers du texte de 1753 se retrouve dans celui de 1755 (jusqu'à la page 115 environ), mais disséminé entre des chapitres absents de l'édition originale.

L'intérêt d'une restitution de l'édition de 1753 tient à ce que cette différence entre les deux textes, inaperçue par la plupart des historiens de la pensée économique, est loin d'être négligeable sur le plan des prescriptions de politique économique. Le texte de 1753, beaucoup plus prudent que celui de 1755 sur la question de la liberté extérieure du commerce des grains, n'était, selon son auteur, pas voué à être diffusé. Ainsi Herbert affirme-t-il, dans l'avant-propos (non reproduit dans l'édition Depitre) de l'édition 1755 : "Cet Essai n'étoit point destiné à paroître dans le public : la première partie ayant été imprimée à l'insçu de l'Auteur, il s'est déterminé à la retoucher ; et à y ajouter quelques réflexions sur le prix des grains, et sur l'Agriculture." Le texte de cette première édition a pourtant eu une influence importante entre les années 1753 et 1755. Et, bien qu'après 1755 les contemporains ne précisent plus aiquel des deux textes ils se réfèrent, il est vraisemblable que cette influence se soit prolongée au-delà de cette date.

 

Les éditions de l'Essai sur la police générale des grains :

  1. Essai sur la police générale des grains, Londres, 1753, in 8°, 53 pages. (Bibliothèque Nationale, Kress Library)

  2. Ibid., Londres, 1754, in 8°. Identique à la première. (Bibliothèque Nationale)

  3. Remarques sur les avantages et les désavantages de la France et de la Grande-Bretagne, troisième édition, augmentée d'un Essai sur la Police et le commerce des grains, Dresde, 1754, in 12°. L'Essai se trouve aux pages 409 à 478 ; il s'agit toujours du texte de la première édition. (indiquée par Depitre)

  4. Arguments en faveur de la liberté du commerce des grains, in Journal Œconomique, mai 1754, pp. 64-79. Cette édition est une édition partielle du texte de 1753, dont environ 20 pages ont été coupées par l'éditeur du Journal - il s'agit, pour l'essentiel, des parties historiques du texte. Le texte a été rééditée récemment par Philippe Steiner qui, dans l'ouvrage collectif Politique et économie au temps des Lumières (pp. 41-55), l'attribue fautivement au Marquis d'Argenson (il est en effet suivi, dans le Journal, d'une lettre de ce dernier) .

  5. Essai sur la Police générale des grains, sur leur prix et sur les effets de l'agriculture, Berlin, 1754, in 12°, XVIII + 418 pages.

  6. Ibid., Berlin, 1755, XVIII + 436 pages. (Bibliothèque Nationale, Kress Library)

  7. Ibid., Berlin, 1757, XVIII + 436 pages. Identique à la précédente. (Kress Library)

  8. Essai sur la Police générale des grains, avec introduction et table analytique par Edgar Depitre, Collection des économistes et réformateurs sociaux de la France, Librairie Paul Geuthner, Paris, 1910, XLIII + 166pages. Identique à l'édition de Berlin 1755 pour le corps principal mais l'avant-propos rédigé par Herbert (paginé en chiffres romains dans l'édition 1755) a été supprimé et remplacé par un avant-propos d'Edgar Depitre. Le texte d'Herbert proprement dit est paginé de 1 à 143, les dernières pages étant consacrées au Supplément à l'Essai (1757), rédigé par Montaudoin de la Touche et à une table analytique. (Bibliothèque Nationale)
  9.  

Il semble qu'il existe plusieurs autres éditions en français, puisque le US National Catalog mentionne une édition de 1775 et le catalogue de la Goldsmith's Library une édition de 1772.


Pour toute remarque sur l'édition Internet de
Claude-Jacques Herbert, Essai sur la police générale des grains,
contacter : Charles@univ-paris1.fr


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