I v (1) Je ne pense donc pas que chaque colon ne vende jamais que son surabondant : mais je pense que tout ce qui se vend est surabondant chez quelqu'un d'eux. Par exemple, s'il y avoit une grande cherté en Espagne, je ne doute pas que la France n'y vendit une partie des blés nécessaires à sa consommation ; mais elle les remplaceroit par ceux qu'elle acheteroit dans le Nord, et elle ne les remplaceroit que parce qu'il y auroit dans le Nord une nation où le blé seroit surabondant.

I xvi (1) On estime que l'argent qui circule dans les États de l'Europe est, en général, égal au moins à la moitié du produit des terres, et tout au plus aux deux tiers. Essai sur la nature du commerce. liv. 2, chap. 3. J'ai tiré de cet ouvrage le fond de ce chapitre et plusieurs observations dont j'ai fait usage dans d'autres. C'est sur cette matière un des meilleurs ouvrages que je connoisse ; mais je ne les connois pas tous à beaucoup près.

I xviii (1) Est-il bien vrai, m'a-t-on demandé, qu'un accroissement de commerce fasse hausser l'intérêt ? Je réponds qu'il le fait nécessairement hausser, s'il augmente le nombre des emprunteurs. Or c'est ce qui peut arriver et ce que je suppose.
I xviii
(2) Voilà le cas où un accroissement de commerce fait baisser l'intérêt.

I xxiii (1). Je m'apperçois souvent qu'on peut me faire bien des difficultés. Elles se présentent en foule dans le sujet compliqué que je traite, et que je cherche sur-tout à simplifier, Je voudrois pouvoir répondre à toutes à-la-fois. Mais cela n'est pas possible. Il faut, pour me faire entendre, que je me traîne de proposition en proposition; car enfin, si on ne m'entendoit pas, j'aurois tort d'écrire. Heureusement, mon lecteur ne peut pas m'interrompre, quelque envie qu'il en ait. Il faut nécessairement qu'il laisse mon livre, ou qu'il attende ma réponse à ses difficultés. Je ne me flatte pas cependant de répondre à toutes, car il pourroit m'en faire de bien étranges.

I xxvii (1) Essai sur la nature du commerce, Part. Iere, chap. 15.

I xxviii (1) Il faut se souvenir que, quelque quantité d'argent qu'il y ait chez une nation, il ne peut jamais avoir une valeur égale à la valeur de toutes les productions.